Vian toujours vivant

boris vian willy sturges FlickR
Crédit : Willy Sturges/FlickR

Les sonneries des portiques d’entrée de la BNF (Bibliothèque Nationale de France) s’évanouissent derrière des notes de jazz. Celles qui ont bercé la vie de Boris Vian. Vernon Sullivan, Bison Ravi, Hugo Hachebuisson appelez-le comme vous voudrez, après tout vous n’êtes pas là pour vous faire engueuler, mais pour plonger dans la vie d’un des auteurs majeurs du XXe siècle.

Cinquante ans après sa mort, la BNF revient le temps d’une exposition sur ce « qu’il reste de Boris Vian ». Avant tout un « esprit » soulignés par une abondance de documents sonores, de photographies, de manuscrits conservés par la BNF et rarement montrés au public. « Un mélange de légèreté, de noirceur, de joie, de tristesse ». Boris Vian était tout cela à la fois.

A travers des photos, des films de famille on revient sur son enfance confortable à Ville d’Avray dans une famille bourgeoise avant de voguer vers son adolescence insouciante où il fréquente les clubs clandestins de jazz à Saint-Germain-des-Près. Une jeunesse néanmoins ternie par la découverte de ses problèmes respiratoires qui lui feront renoncer à la trompette et écourteront sa vie. De l’écrivain et du chansonnier, on découvre d’autres facettes. Celle du chroniqueur de jazz où sa collaboration à des revues prestigieuses témoignent de son érudition dans le domaine. Celle d’un jeune homme à la créativité insatiable qu’il exprimait dans le détournement de presse dont il a été le précurseur, ou encore dans des peintures signées de l’anagramme Bison Ravi.

On découvre aussi les aspects plus sombres de sa personnalité. Conjugués à sa détestation du racisme dont il prend conscience en côtoyant les grands jazzmen, il écrit « J’irai cracher sur vos tombes ». Plus que le succès, cette œuvre lui apporte une réputation sulfureuse de laquelle ses autres romans ne l’en dépêtreront jamais.

En huit modules découpant des périodes de sa vie, on (re)découvre une œuvre foisonnante, fruit d’une imagination débordante. Sa capacité à jouer avec les mots, à en inventer et leur donner une musicalité. Un génie, qui pourtant n’a jamais été reconnu de son vivant. Son univers fantasque déroute le public. « Les gens n’aiment que ce qu’ils connaissent déjà » écrira-t-il amer.

Un découpage moins chronologique aurait permis de mieux saisir les ponts que Vian a su établir entre le jazz et l’écriture comme dans « L’Écume des jours ». On en sort néanmoins avec l’envie de réécouter une des chansons, relire un de ses romans car comme disait Brassens « Un temps viendra… où les chiens auront besoin de leur queue et tous les publics des chansons de Boris Vian ».

Delphine Tayac

Exposition à voir à la Bibliothèque Nationale de France jusqu’au 15 janvier 2012

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